Pour accorder sa guitare, le musicien pince une corde et écoute sa tonalité. Mais si un chantier fait du bruit à côté, il est difficile d'entendre un son pur. L'atome a lui aussi sa « tonalité » : la fréquence à laquelle il absorbe ou émet de la lumière. Pour le potassium-40, cette tonalité n'a longtemps pas pu être mesurée précisément, car le champ magnétique la dérangeait : il décale la fréquence, comme le bruit du chantier couvre le son de la corde.
Les physiciens ont imaginé une astuce : plutôt que de lutter contre le bruit, ils ont choisi deux transitions qui réagissent à peine au champ magnétique. C'est comme si le musicien jouait sur une corde insensible au bruit du chantier. En mesurant les fréquences de ces deux transitions et leur différence, on peut calculer la constante recherchée sans même connaître la valeur du champ.
Au final, ils ont obtenu une valeur de la constante hyperfine A = −h × 285.730536(2) MHz. Auparavant, on la connaissait avec une précision de 2.4 kHz ; désormais, elle est de 2 Hz. C'est comme si le musicien entendait enfin la tonalité pure de la corde, sans interférences. Cette tonalité peut maintenant servir de référence pour accorder d'autres instruments, c'est-à-dire pour calibrer les champs magnétiques et étudier les interactions entre atomes.
L'abondance naturelle du 40K n'est que de 0,0117 % : sur un million d'atomes de potassium, seuls 117 sont cet isotope. Pour obtenir des millions d'atomes pour l'expérience, il faut recourir à un enrichissement coûteux.