Dans ce matériau, les minuscules aimants des atomes de vanadium et les électrons imitent un vol d'oiseaux. Chaque aimant, tel un oiseau, veut voler à sa guise, mais le flux d'électrons force tout le monde à se déplacer d'un seul front, rendant le mouvement lourd et lent — les électrons « grossissent » des centaines de fois et forment un liquide dense.
Une compression jusqu'à 10 gigapascals — une pression qui transforme le graphite en diamant — interrompt cette danse. L'ordre magnétique et la fluidité disparaissent simultanément au point de transition quantique. Ici, ce n'est plus la température mais les fluctuations quantiques qui mènent la danse, et l'entropie (mesure du désordre) change brusquement. La spectroscopie permet de détecter ces métamorphoses. Paradoxalement, le comportement le plus sensible apparaît à très basse température, lorsque les perturbations thermiques s'estompent.
Dans les matériaux à fermions lourds, les électrons « grossissent » jusqu'à atteindre la masse d'un atome entier et rampent à peine à travers le cristal.