Pour déceler des traces de maladie dans le sang, il faut généralement des appareils de laboratoire imposants qui analysent l'échantillon pendant des heures. La nouvelle puce en diamant, elle, fait le travail presque instantanément. Dans de minuscules défauts du carbone du diamant se nichent des aiguilles magnétiques — des capteurs ultrasensibles qui vibrent au moindre champ magnétique. Les scientifiques y ont fixé 49 courtes chaînes d'ADN, chacune lestée d'un poids magnétique : des ions de gadolinium. Ces mêmes substances qu'on injecte dans le sang pour l'IRM fonctionnent ici à l'envers : au lieu d'amplifier le signal, elles créent du bruit.
Quand une molécule cible apparaît dans une goutte d'échantillon, elle intercepte le poids de la chaîne d'ADN correspondante. Le bruit magnétique s'apaise, l'aiguille se calme et son temps de relaxation (T₁) augmente. Ce décalage est détecté par un simple microscope, qui donne un « oui » clair pour chacune des 49 cellules. La puce a déjà été testée dans des solutions aqueuses imitant le sang, et vérifiée par microscopie de fluorescence — la précision est excellente. À terme, ces plaquettes de diamant de la taille d'un ongle pourraient scanner des centaines de biomarqueurs en une minute, au chevet du patient, même sans électricité.
Ces mêmes défauts dans le diamant peuvent servir non seulement de capteurs, mais aussi de qubits pour les ordinateurs quantiques — deux avancées futures dans un seul cristal.
Le tricordeur de « Star Trek » se rapproche d'un pas : les capteurs quantiques en diamant promettent un diagnostic instantané à partir d'une goutte de sang.