Trois galaxies géantes entrent en collision, et sous le choc, le gaz est projeté au loin. Mais il ne se dissipe pas sans laisser de trace — il se comprime en amas, semblables à des perles d'un collier cosmique, enfilées sur un fil invisible à des milliers d'années-lumière. La lumière de ces perles provient des atomes de carbone, chauffés par les ondes de choc — comme l'air devant le nez d'un avion supersonique, mais à l'échelle des galaxies.
Étonnamment, le gaz reste plus froid que la glace sur Terre (moins 243°C), mais il brille grâce à un puissant échauffement dû à la collision. Dans ce collier, des étoiles naissent en abondance : chaque année, des milliers de nouveaux soleils apparaissent, alors que notre Voie lactée n'en crée que quelques-unes. La spectroscopie — la décomposition de la lumière en couleurs — permet de scruter ces processus, et les observations se font sur des longueurs d'onde où brillent la poussière cosmique froide et le gaz.
Un tel cataclysme n'est pas du chaos, mais une construction : à partir de ces perles se formeront plus tard des galaxies elliptiques géantes, les plus massives de l'Univers.
Les « perles » de gaz ne sont chauffées qu'à -243°C — 20 degrés de moins que la surface de Pluton. Mais grâce aux ondes de choc, elles brillent si intensément qu'on peut les repérer à des milliards d'années-lumière.