Les quarks sont comme des perles sur un élastique. Plus ils s'éloignent, plus l'élastique se tend, les enfermant à jamais à l'intérieur des protons et des neutrons. Cet élastique, c'est l'interaction forte. Frank Wilczek a montré que lorsque les perles se rapprochent, l'élastique s'affaiblit miraculeusement, permettant aux quarks de se déplacer presque librement. L'idée de cordes a également été développée par Edward Witten à d'autres fins, mais ici, la corde est un véritable lien de force.
Lorsque l'élastique finit par céder, son énergie colossale se transforme instantanément en de nouvelles particules. La modélisation informatique a révélé que la rupture n'est pas un simple claquement : des bouquets entiers de mésons (paires quark-antiquark) et même des paires de baryon-antibaryon à trois quarks naissent simultanément. Dans un milieu dense, l'élastique tendu se rigidifie soudainement, retardant la rupture — c'est le « blocage baryonique ».
Le rebondissement le plus inattendu : parfois, des oscillations transversales apparaissent sur l'élastique, qui, à une certaine fréquence, suppriment complètement la tension — comme si l'élastique cessait un instant d'être élastique. Une telle résonance, semblable aux raies spectrales des atomes, n'a encore jamais été observée, mais elle pourra être testée sur des simulateurs quantiques. Et l'élastique peut aussi se refermer en anneau, donnant naissance à un glueball — un pur amas de champ de force sans particules. Ces découvertes aideront à comprendre comment la matière se comportait dans les premiers instants après le Big Bang.
La rupture de la corde libère tellement d'énergie qu'elle suffit à créer tout un ensemble de particules lourdes — c'est comme un feu d'artifice microscopique.