Le nouveau détecteur est un « instrument de musique » très sensible. Son cœur est un matériau en couches dans un champ magnétique puissant. Les couches forment un résonateur qui amplifie le signal, un peu comme la caisse d'un violoncelle amplifie le son des cordes. Lorsqu'un axion traverse les couches, le champ magnétique le fait « sonner » — il émet un photon dont la fréquence dépend de la masse de l'axion. Pour s'accorder sur cette fréquence, il suffit de modifier l'inclinaison de l'appareil — aucune pièce mobile, comme pour changer de chaîne sur un vieux téléviseur. Cette méthode, apparentée à la spectroscopie, permet de balayer une large gamme de masses à la recherche du signal tant convoité de la matière noire. En une seconde, des trillions d'axions traversent l'appareil — leur énergie suffirait à faire bouillir une bouilloire, mais ils ne s'attardent presque pas. Seuls quelques-uns sont capturés, et le moindre indice est enregistré par un capteur ultrasensible.
Le nom « axion » est une plaisanterie du prix Nobel Frank Wilczek : il a utilisé la marque de lessive Axion parce que la nouvelle particule « nettoyait » la théorie de ses incohérences.