Une balançoire miniature d'un nanogramme et demi ne se balance pas à cause du vent, mais à cause de la chaleur ambiante. Des physiciens l'ont presque arrêtée en la refroidissant à 0,006 degré au-dessus du zéro absolu. D'abord, ils ont aimanté la balançoire, puis ils ont retiré le champ progressivement — cette technique, la démagnétisation nucléaire, a extrait son énergie comme une éponge absorbe l'eau. Contrairement au refroidissement classique par hélium liquide, aucune intervention active n'était nécessaire.
La spectroscopie laser a détecté des déplacements de l'ordre du millième d'atome. L'analyse a montré que le mouvement suit la distribution thermique : l'entropie (mesure du désordre) a diminué, mais ne s'est pas annulée.
Cette expérience est une étape vers des balançoires encore plus froides. À terme, elles pourraient devenir des détecteurs d'ondes gravitationnelles ou des sondes de matière noire. Et elles aideraient à tester la mécanique quantique sur des objets presque visibles à l'œil nu.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2510.24199
Highly coherent mechanical resonators are invaluable to ultrasensitive detection techniques by enabling detection of small forces. Studying mechanical resonators in a thermal equilibrium state at millikelvin temperatures provides a promising path to increase their coherence time. Here, we passively cool a 700 Hz massive (1.5 ng) mechanical cantilever down to 6.1(4) mK by means of nuclear demagnetization, as confirmed by detecting its thermal motion via a lock-in based detection scheme. At the lowest temperatures the thermal motion of the resonator is still clearly distinguishable from the background noise. Our data analysis confirms that at these temperatures the motion is still thermally distributed. These results pave the way for passive cooling low-frequency resonators to the sub-millikelvin regime, which would enable new tests of quantum mechanics and advances in ultrasensitive force detection.
Cette balançoire est plus froide que le fond cosmique après le Big Bang (dont la température est de 2,7 K). En fait, c'est l'un des corps macroscopiques artificiels les plus froids jamais créés.
Refroidir un objet presque visible jusqu'aux confins du monde quantique, c'est comme tenter d'enfermer le « chat de Schrödinger » dans du métal et du silicium, où les vibrations ralentissent jusqu'à ne plus être qu'un frémissement de particule unique.