L'électrocardiogramme ressemble à une partition où chaque note est un battement de cœur. Le médecin entend la mélodie et repère les fausses notes — l'arythmie. Mais écouter la partition pendant des heures est épuisant, c'est pourquoi on place un capteur intelligent au chevet du patient. Le problème, c'est que les modèles-écouteurs précis sont lourds : ils exigent beaucoup de mémoire et d'énergie, alors qu'un capteur porté sur le corps doit fonctionner pendant des mois avec une toute petite batterie.
La nouvelle approche décompose d'abord le signal cardiaque en ondes de différentes longueurs — comme un chef d'orchestre distingue le son des violons de celui des violoncelles. Ensuite, on construit une carte des transitions entre ces ondes : lesquelles se côtoient le plus souvent, lesquelles s'influencent mutuellement. Cette carte peut être comparée à un plan de ville, où les grandes artères représentent les connexions importantes. Puis le modèle ne conserve que les connexions les plus significatives et élimine le superflu, comme un cuisinier choisit ses épices pour une sauce.
Le résultat est un modèle de 8,54 kilo-octets — moins qu'un message sur une messagerie. Il pose un diagnostic en 0,46 microseconde : le temps que la lumière parcourt à peine 138 mètres. Sa précision est de 98,44 %, comparable à celle des grands modèles, mais il consomme des dizaines de fois moins d'énergie. De tels capteurs pourraient fonctionner grâce à la chaleur du corps ou au mouvement, sans pile du tout.
Le modèle pèse 8,54 kilo-octets — à peu près comme un court message texte. Pourtant, il analyse le rythme cardiaque plus précisément que certains modèles cent fois plus lourds.
Dans la série « Black Mirror », il y a un épisode sur un implant qui surveille la santé et appelle le médecin tout seul. Ces modèles miniatures sont un pas vers de tels dispositifs, capables de fonctionner pendant des années sans recharge.