Dans un nuage, des milliards de gouttes se bousculent, se heurtent et fusionnent : c'est ainsi que naît la pluie. Mais comment exactement la turbulence, ces tourbillons d'air invisibles, aide ou entrave la croissance des gouttes, on ne le sait pas encore précisément. En laboratoire, on a recréé un fragment de nuage et suivi chaque goutte.
Il s'avère que les tourbillons n'accélèrent pas toujours la fusion des gouttes. Si toutes les gouttes sont à peu près identiques, la turbulence ne les aide guère à se rencontrer. Mais dès qu'apparaît une disparité de tailles — des petites et des grosses gouttes — les tourbillons commencent à les pousser les unes vers les autres, et les gouttes grossissent plus vite. C'est comme dans une foule : si tout le monde marche à la même vitesse, les collisions sont rares ; mais si certains se pressent et d'autres traînent, on se bouscule constamment.
Pour prévoir la pluie et le climat, il est important de savoir quand la turbulence entre en jeu. Les scientifiques proposent d'affiner les modèles de nuages afin qu'ils tiennent compte de la dispersion des tailles de gouttes. Ainsi, les prévisions d'averses et de sécheresses deviendront plus précises.
Les gouttes dans un nuage peuvent avoir des tailles variant d'un facteur mille — des plus minuscules, comme une poussière, aux plus grosses, comme un petit pois.