À l'intérieur d'une minuscule cavité miroir, plus petite que l'épaisseur d'un cheveu, la lumière est piégée et se réfléchit de nombreuses fois sur les parois. Si l'on y place une substance capable d'absorber et d'émettre de la lumière, les particules de lumière (photons) se « vêtent » d'excitations de la matière — c'est ainsi que naissent les modes polaritoniques. Habituellement, dans une telle cavité, une lumière cohérente et intense, semblable à un puissant faisceau laser, domine. Mais des physiciens français ont trouvé un moyen d'extraire de ce fond lumineux les faibles fluctuations quantiques — des excitations uniques qui apparaissent et disparaissent spontanément.
Lorsque le nombre moyen de ces fluctuations quantiques est inférieur à un, les chercheurs ont mesuré les temps d'arrivée des photons de deux côtés du spectre — rouge et bleu. Il s'est avéré que les photons arrivent par paires, et toujours dans le même ordre : d'abord le rouge, puis le bleu. C'est surprenant, car dans la lumière thermique ordinaire, les photons ne sont pas corrélés dans le temps. Cet ordre apparaît de lui-même parce que la détection résolue en fréquence « découpe » certaines combinaisons de la structure quantique interne des fluctuations élémentaires.
L'utilité pratique de cette découverte réside dans la possibilité de contrôler des états quantiques uniques de la lumière au sein d'un dispositif à semi-conducteurs. De tels états sont nécessaires pour le calcul quantique et les communications sécurisées. Au lieu de lutter contre les fluctuations comme contre un bruit, on peut les utiliser comme une ressource : par exemple, comme source de paires de photons intriqués avec un ordre temporel prédéfini.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2601.06468
Weakly-interacting many-body systems possess remarkable quantum properties that are essential components of quantum technologies, and constitute a topic of fundamental interest. Here we show that in a solid-state nonlinear microcavity embedding discrete modes of exciton-dressed photons, we can isolate a single eigenmode of quantum fluctuations from the much brighter coherent fraction of the field. In this regime, we perform frequency- and time-resolved correlations measurements between photons on the red and blue side of the fluctuations spectrum. When the average number of fluctuation quanta is smaller than one, we observe the formation of large pairwise time-ordered correlations: red photon first and blue photon second. We show that this peculiar time-ordering correlation emerges spontaneously from the interplay between frequency-resolved detection, and the non-trivial internal quantum structure of the elementary fluctuations.
Dans l'expérience, le nombre moyen de fluctuations quantiques était inférieur à un — c'est-à-dire qu'à chaque instant, dans la cavité, il n'y avait le plus souvent aucune particule « supplémentaire », et les paires naissaient de fluctuations du vide.