Le noyau atomique n'est pas simplement un sac de protons et de neutrons. C'est un système quantique où les particules sont liées par des fils invisibles d'intrication. Lorsque deux protons ou deux neutrons interagissent, leurs états s'entrelacent de telle sorte qu'il est impossible de décrire l'un sans l'autre.
Les scientifiques ont pris des mesures d'intrication — l'entropie, l'information mutuelle et l'entropie relative — et les ont appliquées aux noyaux de néon, de magnésium et de silicium. Ces noyaux se trouvent près de ce qu'on appelle l'île d'inversion, où l'ordre habituel des niveaux d'énergie est bouleversé. Les calculs ont montré que dans les états fondamentaux, l'intrication entre protons et neutrons est faible, tandis que celle entre particules identiques est forte. Mais dès que le noyau est excité, les liaisons proton-neutron deviennent aussi fortes que celles entre particules identiques.
C'est comme une piste de danse : dans un état calme, les couples dansent entre eux, mais quand la musique s'accélère, tout le monde change de partenaire. Cette image aide à comprendre pourquoi certains noyaux riches en neutrons ne se comportent pas comme le prédit le modèle en couches simple. L'intrication s'avère être un outil sensible qui capture les changements subtils dans la structure du noyau.
L'île d'inversion est une région de noyaux où le nombre magique 20 cesse d'être magique : les niveaux d'énergie se réorganisent, et le noyau devient étonnamment stable ou déformé.
Dans le roman de Greg Egan « L'Échelle de Schild », l'intrication quantique est utilisée pour une communication instantanée entre des points éloignés de l'espace, ce qui fait écho à l'idée de corrélations non locales dans le noyau.