Une onde ordinaire dans un aimant ressemble à des rides à la surface de l'eau : plus le pas de l'onde est court, plus son énergie est élevée. Les physiciens appellent ces ondes des magnons. Mais dans une fine couche de grenat de bismuth et d'yttrium, on a réussi à créer des ondes au comportement inverse : leur énergie diminue lorsque la longueur d'onde se réduit. Ce sont des antimagnons.
La couche a été placée dans un dispositif où la lumière est diffusée par les ondes d'aimantation. D'abord, un courant a été envoyé à travers la couche, ce qui a fait osciller l'aimantation d'elle-même. Pour un courant d'environ 12 millions d'ampères par centimètre carré, l'état de la couche a changé brusquement, et le spectre de la lumière diffusée a révélé une dispersion inversée — la signature caractéristique des antimagnons.
C'est la première expérience directe où des antimagnons ont été observés grâce à leur trace caractéristique dans la diffusion de la lumière. Ensuite, les physiciens veulent utiliser les paires « magnon–antimagnon » pour amplifier les ondes et pour la communication quantique. Comme si, dans un étang, des vagues couraient à la fois vers l'avant et vers l'arrière, tout en s'entraidant.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2601.15231
We report direct spectroscopic evidence of antimagnons, i.e., negative-energy spin waves identified by their signature inverted dispersion with Brillouin light scattering (BLS) spectroscopy. We investigate an ultrathin BiYIG film with a perpendicular magnetized anisotropy that compensates the demagnetizing field. By injecting a spin-orbit torque, the magnetization is driven into auto-oscillation and eventually into a non-equilibrium reversed state above a secondary current threshold ($$\sim$$1.2$$\times$$10$$^7$$~A/cm$$^2$$). The dispersion is measured by wavevector-resolved BLS and exhibits a sharp change from an upward dispersion to a downward one, in agreement with theoretical predictions and micromagnetic simulations. Around the threshold current, we observe the coexistence of conventional magnons and antimagnons. Our work establishes antimagnons with inverted dispersion and is a first step towards exploring novel phenomena and applications due to magnon-antimagnon coupling, such as magnon amplification and magnon-antimagnon entanglement, which are part of the emerging field of antimagnonics.
Les antimagnons ont été prédits bien avant l'expérience : dès les années 1960, les théoriciens discutaient d'ondes de spin « négatives », mais ce n'est que maintenant qu'on a pu les observer en laboratoire.