Les ondes gravitationnelles sont des ondulations de la courbure de l'espace-temps qui étirent et compriment imperceptiblement tout sur leur passage. Mais la Lune, telle une cloche, capte ces ondes : lorsqu'une onde gravitationnelle la traverse, elle fait vibrer notre satellite. Un nouveau modèle, qui tient enfin compte des irrégularités réelles de la surface lunaire, a révélé une chose surprenante : là où la croûte est plus épaisse, les vibrations sont amplifiées jusqu'à dix fois. La raison est la même que pour une cloche de forme complexe : l'onde principale transmet son énergie à des mouvements supplémentaires, et dans les zones à croûte épaisse, la vibration devient beaucoup plus marquée. Cet effet fait de la Lune un site idéal pour des capteurs ultra-sensibles. Les observatoires terrestres souffrent des bruits locaux, tandis que la Lune, sans vie, offre un silence cosmique. Un tel détecteur pourrait entendre ce qui nous est aujourd'hui inaccessible : les échos du Big Bang, les collisions de trous noirs et d'étoiles à neutrons. Et la grande surprise : la Lune résonne aussi d'elle-même — de faibles séismes lunaires font vibrer sa croûte pendant des heures, car son sous-sol sec n'amortit presque pas les vibrations. Mais c'est à travers cette sonnerie que se fera peut-être entendre un jour l'écho le plus ténu : le murmure de l'Univers naissant.
La Lune ne « sonne » pas seulement à cause des ondes gravitationnelles : même de faibles séismes lunaires peuvent provoquer des vibrations qui durent des heures, car l'absence d'eau ne les amortit pas.