Dans le récepteur d'un télescope pointé vers la plus ancienne lueur de l'Univers se trouve une minuscule plaque thermomètre. Elle est si sensible que la chaleur d'un seul photon peut la réchauffer sensiblement. Mais pour entendre ce murmure de chaleur, il faut un intermédiaire : un amplificateur qui n'ajoute pas son propre bruit.
Cet intermédiaire est un cascade à deux étages de boucles supraconductrices — des SQUID. Le premier étage, composé de quatre boucles, capte le faible signal magnétique du thermomètre ; le second, une chaîne de cent boucles, l'amplifie jusqu'à un niveau compatible avec l'électronique standard. Le tout fonctionne dans un réfrigérateur à 0,3 kelvin — plus froid que l'espace interstellaire.
Un tel amplificateur est nécessaire pour les cartes de polarisation du rayonnement fossile. Grâce à elles, les scientifiques espèrent voir les traces des ondes gravitationnelles primordiales — ces frissons de l'espace nés dans les premiers instants après le Big Bang.
Le schéma à deux étages est comme un interprète qui écoute d'abord une voix douce, puis la répète fort pour l'assemblée. L'important, c'est que l'interprète n'invente pas de mots : le bruit du système reste faible et le signal ne se noie pas dans les interférences.
La température de 0,3 kelvin équivaut à moins 272,85 degrés Celsius, soit seulement trois dixièmes de degré au-dessus du zéro absolu.
Dans le roman « Contact » de Carl Sagan, des détecteurs ultra-sensibles captent un signal d'une civilisation extraterrestre — des technologies similaires sont nécessaires pour décoder les faibles signaux cosmiques.