Des particules minuscules, plus petites qu'un centième de l'épaisseur d'un cheveu, peuvent être des aimants qui ne perdent pas leur force même à 600 degrés Celsius. C'est précisément de telles particules que l'on a fabriquées à partir d'un alliage de nickel, de fer et d'aluminium. Cet alliage est connu depuis longtemps, mais sous forme de nanoparticules, il a été obtenu sans gabarit — simplement en mélangeant des solutions de sels métalliques.
Les propriétés magnétiques se sont révélées fortes : à très basse température, chaque particule se comporte comme 3 petits aimants distincts, alignés dans la même direction. Et surtout, lors d'un chauffage ou d'un refroidissement, les particules modifient nettement leur aimantation. Cet effet peut être utilisé pour le refroidissement sans réfrigérants : le champ magnétique fait varier la température des particules, comme une éponge absorbe et restitue l'eau.
Une autre particularité : les particules n'aiment pas changer la direction de leur aimantation — il faut fournir un effort notable pour cela. Cette propriété est appelée anisotropie magnétique. Grâce à elle, les nanoparticules peuvent stocker des informations : la direction d'aimantation de chaque particule est comme une minuscule flèche qu'il est difficile de tourner par hasard.
Lorsqu'on fait passer un courant électrique, la résistance des particules augmente légèrement quand la température diminue. C'est inhabituel et cela indique que le désordre dans l'arrangement des atomes influence le mouvement des électrons. Ces détails sont importants pour les futurs dispositifs électroniques.
Ainsi, les nanoparticules Ni₂FeAl combinent résistance à la chaleur, magnétisme puissant et capacité à changer de température sous l'effet d'un champ. Cela en fait des candidates pour les réfrigérateurs magnétiques et la mémoire ultra-dense.
Un réfrigérateur magnétique utilisant de telles particules pourrait fonctionner sans compresseur ni fréon — seulement un champ magnétique et un alliage.