Un sursaut gamma est une explosion courte mais incroyablement puissante dans une galaxie lointaine. En quelques secondes, il libère autant d'énergie que le Soleil en émettra sur des milliards d'années. Le satellite Neil Gehrels Swift capture ces éruptions grâce à son télescope spécial BAT, qui voit les rayons gamma.
Les astronomes ont voulu vérifier ce qui se passerait si le même sursaut se produisait plus loin de nous. Ils ont pris 26 sursauts brillants dont la distance est déjà mesurée et, à l'aide d'un ordinateur, les ont « éloignés » plusieurs fois plus loin. Cela a donné des sursauts lointains artificiels — comme si l'on regardait le même feu d'artifice depuis une plus grande distance.
Il s'avère que pour les sursauts lointains, la durée mesurée devient plus courte que la durée réelle. L'énergie est également sous-estimée — parfois d'un facteur deux, et la durée même d'un facteur dix. De plus, chaque sursaut réagit différemment : tout dépend de la forme de sa courbe de lumière — comment la luminosité a varié dans le temps.
Ensuite, les sursauts lointains artificiels ont été comparés à de vrais sursauts lointains déjà observés par Swift. Ils se sont révélés similaires. Cela signifie que le fait que les sursauts lointains semblent plus courts et plus faibles n'est pas une propriété des explosions elles-mêmes, mais simplement un effet de la distance. Nous ne voyons que la pointe de l'iceberg, et la majeure partie de l'éruption reste sous l'eau.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2602.03032
We investigated how Gamma-Ray Burst (GRB) prompt emission measurements are affected by increasing distance to the source. We selected a sample of 26 bright GRBs with measured redshifts $$z<1$$ observed by the Burst Alert Telescope (BAT) on board the Neil Gehrels Swift Observatory (Swift) and simulated what BAT would have observed if the GRBs were at larger redshifts. We measured the durations of the simulated gamma-ray signals using a Bayesian block approach and calculated the enclosed fluences and peak fluxes. As expected, we found that almost all durations (fluences) measured for simulated high-$$z$$ GRBs were shorter (less) than their true durations (energies) due to low signal-to-noise ratio emission becoming completely dominated by background, i.e., the ``tip-of-the-iceberg'' effect. This effect strongly depends on the profile and intensity of the source light curve. Due to the uniqueness of GRB light curves, there is no common behavior in the evolution of measured durations with redshift. We compared our synthetic high-$$z$$ (i.e., $$z>3$$) GRBs to a sample of 72 observed high-$$z$$ bursts and found that the two samples were not inconsistent with being drawn from the same underlying population. We conclude that: (i) prompt emission durations (fluences) of high-$$z$$ GRBs observed by Swift/BAT are most likely underestimations, sometimes by factors of $$\sim$$several tens ($$\sim2$$), and (ii) changes in the average GRB prompt emission duration and fluence with increasing redshift are consistent with the tip-of-the-iceberg effect.
Le sursaut gamma le plus lointain connu nous est parvenu d'une galaxie dont la lumière a voyagé plus de 13 milliards d'années — presque autant que l'âge de l'Univers.
Dans le roman « Contact » de Carl Sagan, l'héroïne capte un signal extraterrestre qui ressemble d'abord à du bruit — c'est ainsi que les astronomes distinguent la queue faible d'un sursaut gamma du bruit de fond.