Lorsqu'une étoile comme le Soleil épuise son hydrogène, elle se gonfle en géante rouge, et de l'hélium s'accumule dans son noyau. À un moment donné, l'hélium s'embrase : en quelques secondes, il libère autant d'énergie que l'étoile en a rayonné pendant des milliers d'années. C'est ce qu'on appelle le flash de l'hélium.
Pendant ce flash, un flux de neutrinos est émis — des particules que la matière arrête à peine. Une partie d'entre elles provient de la désintégration du fluor-18, et elles ont une énergie bien précise : 1,7 MeV. Si l'on pouvait détecter ces neutrinos, on pourrait « entendre » le flash directement.
Pour l'instant, les géantes rouges les plus proches sont trop loin, et les flashes ne se produisent que quelques fois par an dans toute la Galaxie. Aussi les astronomes continuent-ils d'étudier les flashes d'hélium indirectement, en observant les vibrations de la surface des étoiles, comme les sismologues écoutent les tremblements de terre.
Mais si un jour un détecteur capte ce fameux signal neutrino, nous verrons pour la première fois s'allumer le cœur d'une vieille étoile.
Le flash de l'hélium dure environ une journée, mais pendant ce temps, il libère plus d'énergie que le Soleil n'en émet en plusieurs milliers d'années.