Le radiotélescope capte un signal de la nébuleuse du Crabe — et sur l'écran, au lieu d'une ligne régulière, apparaissent des bandes claires et sombres, comme sur la peau d'un zèbre. C'est l'émission du pulsar, une étoile à neutrons en rotation rapide, vestige d'une explosion de supernova. Les bandes apparaissent parce que les ondes radio ne nous parviennent pas par un seul chemin, mais par plusieurs, et se superposent, comme les cercles produits par deux pierres jetées dans l'eau.
Un des chemins est courbé par la gravité du pulsar — elle agit comme une lentille qui concentre la lumière. L'autre chemin est déformé par le plasma, un gaz chaud de particules chargées autour de l'étoile. Ce gaz, au contraire, disperse les rayons. Lorsque les deux chemins se rejoignent à notre télescope, leurs ondes tantôt se renforcent, tantôt s'annulent — et des bandes apparaissent. La distance entre les bandes permet de calculer la quantité de plasma sur le trajet du rayon.
Les auteurs de l'étude ont calculé qu'à des fréquences plus élevées — de 42 à 650 gigahertz — le motif rayé devrait changer. Ces fréquences sont accessibles aux télescopes ALMA et SMA, et les observations à ces fréquences permettront de plonger au cœur même de la magnétosphère du pulsar. C'est une occasion rare de vérifier comment la gravité fonctionne dans un champ extrêmement intense près d'une étoile à neutrons.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2602.16955
A theory of the spectral "zebra" pattern of the Crab pulsar's high-frequency interpulse (HFIP) radio emission is developed. The observed emission bands are interference maxima caused by multiple ray propagation through the pulsar magnetosphere. The high-contrast interference pattern is the combined effect of gravitational lensing and plasma de-lensing of light rays. The model enables space-resolved tomography of the pulsar magnetosphere, yielding a radial plasma density profile of $$n_{e}\propto r^{-3}$$, which agrees with theoretical insights. We predict the zebra pattern trend to change at a higher frequency when the ray separation becomes smaller than the pulsar size. This frequency is predicted to be in the range between 42 GHz and 650 GHz, which is within the reach of existing facilities like ALMA and SMA. These observations hold significant importance and would contribute to our understanding of the magnetosphere. Furthermore, they offer the potential to investigate gravity in the strong field regime near the star's surface.
Le pulsar de la nébuleuse du Crabe effectue environ 30 rotations par seconde — plus vite que les lames d'un mixeur de cuisine.
Dans le roman « Solaris » de Stanislas Lem, l'océan de la planète crée des motifs complexes à sa surface — un peu semblables aux bandes que le pulsar dessine pour nous.