Un morceau de céramique de la taille d'un ongle est comprimé dans un étau, et sa structure interne se modifie, comme de l'argile sous les doigts. À l'intérieur du matériau, de minuscules régions qui étaient auparavant orientées de manière aléatoire s'alignent en rangées régulières. Après ce « massage », le cristal laisse passer la lumière presque comme du verre et, en même temps, se charge fortement lorsqu'on le plie ou qu'on appuie dessus.
Les chercheurs ont appliqué cette technique à un matériau connu à base de plomb, de magnésium, de niobium et de titane. Après traitement, il a produit plusieurs fois plus d'électricité par unité de force que les analogues standard. À température ambiante, le coefficient était d'environ 5000 picocoulombs par newton, et à 58 degrés Celsius, de près de 11700. C'est comme si un ressort ordinaire se mettait soudainement à produire du courant à chaque compression, tout en restant transparent.
L'utilité pratique a été vérifiée immédiatement : ils ont fabriqué un capteur autocollant flexible. Il mesure simultanément l'onde de pouls (par la variation de pression sur la peau) et le taux d'oxygène dans le sang (par transillumination de la peau avec la lumière). Un tel capteur peut être porté au poignet ou sur la poitrine et transmettre en continu des données sur l'état de l'organisme.
Ainsi, une compression dans la bonne direction transforme une céramique opaque en un matériau intelligent transparent. Au lieu d'une électronique complexe, une mécanique simple ouvre la voie à des dispositifs portables bon marché et pratiques pour la santé.
Le coefficient de 11700 pC/N signifie que si l'on suspend une masse de 1 kilogramme au cristal, il produira une charge suffisante pour allumer brièvement une minuscule LED.
Un tel matériau évoque la « peau intelligente » de la science-fiction, qui ressent les contacts tout en restant transparente, comme dans le film « Ghost in the Shell ».