La comète 3I/ATLAS est une invitée rare : elle vient de l'espace interstellaire, d'une autre étoile. Lors de son passage près du Soleil, la glace à sa surface a commencé à s'évaporer, et les jets de gaz ont agi comme de minuscules moteurs-fusées. Cette force, appelée accélération non gravitationnelle, dévie la comète de sa trajectoire purement gravitationnelle.
Les astronomes ont rassemblé toutes les mesures disponibles de la position de la comète dans le ciel — avant et après son approche maximale du Soleil. Ils ont testé différents modèles de « respiration » de la comète : évaporation uniforme, évaporation avec retard après le pic de chaleur, et évaporation asymétrique — où la comète « expire » plus activement après son passage près du Soleil. Il s'est avéré que sans tenir compte de la force non gravitationnelle, il est impossible d'expliquer les observations. Mais voici ce qui est intéressant : si l'on construit l'orbite uniquement à partir des observations avant l'approche, ou uniquement après, on obtient des paramètres incompatibles. Cela signifie soit qu'il y a des erreurs systématiques cachées dans les mesures, soit que le modèle simple à paramètres constants ne décrit pas le comportement réel de la comète.
Pour l'ensemble complet des données, l'accélération s'est avérée très proche de la dernière solution du Jet Propulsion Laboratory de la NASA. Cela confirme que l'accélération est déterminée de manière fiable et peut être utilisée pour estimer la taille du noyau de la comète. Les modèles avec retard ou asymétrie de l'évaporation correspondent mieux aux observations que le modèle symétrique — cela signifie que la comète « respire » effectivement de manière irrégulière. Mais les auteurs préviennent : les erreurs systématiques des mesures et les simplifications dans les modèles d'évaporation dépassent les erreurs formelles de l'ajustement. Il faut donc considérer avec prudence les chiffres précis de la taille du noyau.
La comète 3I/ATLAS n'est que le deuxième objet interstellaire détecté après l'astéroïde Oumuamua. Son étude aide à comprendre de quoi sont faits les systèmes planétaires autour d'autres étoiles et à quelle fréquence de tels « voyageurs » entrent dans notre système solaire.
La comète interstellaire 3I/ATLAS a été découverte en 2019, et son nom fait référence au système de télescopes ATLAS qui l'a repérée alors qu'elle approchait encore du Soleil.
Dans le roman d'Arthur C. Clarke « Rendez-vous avec Rama », l'humanité rencontre un objet interstellaire, mais là il s'agit d'un vaisseau artificiel, alors que 3I/ATLAS est un vagabond de glace naturel.