Transformer les gaz légers, comme l'hydrogène et l'azote, en métal est un vieux rêve de physicien. Dans cette nouvelle expérience, l'azote a été comprimé à 130-140 gigapascals (une pression équivalente à 14 millions de kilogrammes sur un ongle) et chauffé à 3000°C. Les atomes se sont alignés en chaînes rigides, évoquant des fils microscopiques, et ont acquis un éclat métallique et une conductivité électrique. Les rayons X et la spectroscopie ont révélé que ces chaînes sont pliées en zigzag, comme les sièges d'un amphithéâtre.
Ce nouveau matériau surprend par sa double nature. Refroidi à -250°C, il devient supraconducteur : le courant circule sans la moindre résistance. Dans des conditions normales, il ne se décompose pas, bien que chaque gramme « emprisonne » 8,78 kilojoules, soit deux fois plus que le TNT. Cela équivaut à l'énergie d'une voiture tombant du dixième étage. Ces filaments pourraient ouvrir la voie à des puces électroniques ultra-performantes et à des accumulateurs d'énergie compacts.
Jusqu'à présent, l'azote métallique n'était obtenu que sous une forme tridimensionnelle, instable une fois la pression relâchée. Cette nouvelle forme unidimensionnelle est la première à survivre dans des conditions ordinaires.