Un contact supraconducteur, c'est comme un pont étroit entre deux rives, sur lequel le courant circule sans frottement. Placez ce pont près d'une étoile massive, et il ressentira que le temps s'écoule plus lentement à sa surface. Les horloges sur les rives battent à des rythmes différents, et le courant se met à osciller différemment.
Mais si l'étoile tourne lentement, le tableau se complique. L'espace autour d'elle n'est pas seulement courbé — il est aussi tordu, comme l'eau autour d'un siphon. Il s'avère que cette torsion n'affecte presque pas la fréquence des oscillations du courant. En revanche, elle décale la phase de l'onde, comme si le pont pivotait légèrement.
Pour les circuits supraconducteurs dans l'espace, cela signifie : si l'on veut mesurer précisément le temps ou la phase, il faudra tenir compte du fait que l'espace n'est pas immobile. Un circuit sensible au décalage de phase révélera la rotation de l'étoile, tandis qu'un circuit sensible à la fréquence révélera sa masse.
L'effet Sagnac, qui provient de la rotation, est utilisé dans les gyroscopes laser des avions — ils détectent la rotation de la Terre sous les ailes.
Dans le film « Interstellar », les héros subissent un ralentissement du temps près d'un trou noir — ici, c'est le même effet, mais pour des courants supraconducteurs.