Dans une chambre qui ressemble à un tonneau métallique, un courant de quatre cent mille ampères se décharge en deux cents nanosecondes. À l'intérieur, un anneau de plasma d'argon est comprimé par son propre champ magnétique, comme une paume qui écrase une boule de neige. C'est un Z-pinch : le plasma est comprimé vers l'axe et s'échauffe. Mais jusqu'ici, personne n'avait vu comment le gaz se déplace à l'intérieur de cette boule de neige — dans les trois directions à la fois : le long de l'axe, autour de l'axe et transversalement.
Sur l'installation Llampüdkeñ, le plasma a été sondé par laser depuis trois côtés simultanément. La lumière diffusée par les électrons a révélé les vitesses. Il s'est avéré que près de l'axe, le gaz file le long de l'axe à 60–70 kilomètres par seconde — plus vite qu'une balle, mais seulement si le champ magnétique externe est faible. Si l'on augmente le champ à 0,1 tesla, ce flux s'arrête presque : la vitesse chute à plus ou moins 20 kilomètres par seconde. C'est comme si une main puissante empêchait la boule de neige de s'aplatir en galette.
La rotation du plasma a aussi surpris. Auparavant, on ne la remarquait qu'au bord ; maintenant on voit que le vortex traverse toute la colonne, tournant plus lentement près de l'axe et plus vite vers le bord, selon une courbe douce semblable au profil d'un entonnoir dans une coquille. De plus, la rotation apparaît même si aucun champ magnétique radial n'est initialement présent — elle naît spontanément pendant la compression. Et si l'on ajoute un tel champ depuis l'extérieur, la rotation s'intensifie.
Ces mesures ressemblent à la lecture du pouls d'une explosion. On voit maintenant où va l'énergie de compression : une partie est dépensée non pas en chauffage, mais en accélération du gaz le long de l'axe et en rotation. Si l'on apprend à contrôler ces flux, le plasma pourra être comprimé plus efficacement — une voie directe vers des sources compactes d'énergie de fusion, où le plasma est maintenu non par des parois, mais par un champ magnétique.
L'argon utilisé dans ces expériences est le même gaz qui brille en violet dans les enseignes au néon, sauf qu'il y est mélangé au néon.