Dans le monde quantique, il est impossible de créer une copie de l'état inconnu d'une particule – c'est ce qu'ont établi William Wootters et Wojciech Zurek en 1982, et Charles Bennett a transformé cette interdiction en outil de protection des données. Aujourd'hui, des chercheurs ont construit un schéma où le message chiffré s'autodétruit dès qu'on tente de le lire deux fois. Le mécanisme évoque un trou noir : dès qu'un intercepteur « éclaire » le message pour le lire, l'information disparaît irrémédiablement derrière l'horizon des événements pour tous les autres.
La protection est absolue – elle ne repose pas sur la complexité du cassage, mais sur les limites fondamentales de la nature. Deux malfaiteurs ne peuvent pas se concerter plus vite que la vitesse de la lumière, leurs actions restent donc désynchronisées. Et grâce à une entropie maximale, le texte chiffré ressemble à un bruit blanc parfait. Résultat : deviner le bit secret n'est pas plus efficace que de jouer à pile ou face.
Cette découverte introduit le « bit non clonable » – une nouvelle brique pour des communications absolument sécurisées. Fait curieux : un principe similaire est déjà utilisé dans les lignes de communication quantiques : toute écoute ne passe pas inaperçue.
L'interdiction de copier les états quantiques est déjà utilisée dans les lignes bancaires : toute tentative d'écoute est immédiatement détectée.