L'énergie noire est généralement considérée comme une propriété innée du cosmos, agissant dès les premiers instants. Mais un nouveau modèle suggère qu'elle se comporterait comme l'eau sur le point de bouillir : longtemps imperceptible, puis s'activant brusquement à un moment critique. Ce scénario est appelé « allumage tardif » : il y a environ 5 à 7 milliards d'années, un basculement s'est produit et l'expansion de l'Univers s'est accélérée.
Pour tester cette idée, trois repères ont été utilisés. Le rayonnement fossile – la lumière refroidie du Big Bang – a conservé l'empreinte de l'Univers jeune. Les explosions de supernovae, comme des phares, ont permis de mesurer les distances ; c'est d'ailleurs grâce à elles que, dans les années 1990, Adam Riess a découvert l'accélération. Les motifs formés par les galaxies ont révélé le rythme de l'expansion de l'Univers. En combinant ces données, les scientifiques ont en quelque sorte détecté le moment où le cosmos s'est « mis à bouillir ».
Une surprise est apparue :
Cependant, cela ne résout pas le principal mystère cosmologique : la tension de Hubble, c'est-à-dire le désaccord entre les mesures de la vitesse d'expansion obtenues par différentes méthodes. L'énigme persiste, et sa résolution exigera des idées encore plus audacieuses.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2603.13137
We investigate a specific emergent dark energy scenario, known as critically emergent dark energy (CEDE), in which dark energy is effectively absent in the early Universe and becomes dynamically relevant only after a critical cosmic epoch through a phase transition. We constrain this model using recent cosmological observations, including cosmic microwave background (CMB) data from \emph{Planck} 2018, baryon acoustic oscillation (BAO) measurements from SDSS and DESI DR2, and two independent Type Ia supernova compilations, PantheonPlus and Union3. Our results show that within the CEDE framework a dark energy phase transition is not ruled out. In particular, CMB-only, CMB+SDSS, and CMB+DESI datasets provide evidence for a nonzero transition scale factor and, according to standard statistical indicators such as $$\Delta\chi^2$$ and Bayesian evidence, can favor CEDE over the $$\Lambda$$CDM model. At the same time, we find that CEDE does not fully resolve the Hubble constant tension. Overall, our analysis indicates that dark energy models featuring a phase transition remain a viable and phenomenologically interesting extension of the standard cosmological framework. Upcoming high-precision cosmological surveys will be essential to further assess whether such emergent dark energy scenarios represent a genuine departure from $$\Lambda$$CDM or an effective description of current data.
Si l'énergie noire s'était « réveillée » trop tôt, quelques milliards d'années après le Big Bang, les galaxies et les étoiles que nous connaissons ne se seraient jamais formées – l'expansion aurait dispersé toute la matière.