Dans les amas de galaxies, la matière noire invisible sert de squelette qui maintient les systèmes stellaires ensemble. Sa forme est révélée par une lueur diffuse — des étoiles arrachées aux galaxies par les forces de marée. Ce « bouillon » d'étoiles remplit l'amas comme un liquide qui épouse la forme de son contenant : il enveloppe les amas de matière noire, créant un moulage précis de leurs contours. Les astronomes ont mesuré l'allongement du nuage lumineux et l'ont comparé à la forme du halo sombre : la direction de l'aplatissement coïncide à dix degrés près, et les contours eux-mêmes ne diffèrent que de quelques pour cent. Étonnamment, cette lueur est composée de milliards d'étoiles — mais ensemble, elles brillent plus faiblement qu'une grande galaxie, à moins d'un pour cent de sa luminosité. La méthode utilise la photométrie — une mesure précise de la luminosité qui révèle des détails ténus. Elle donne une image plus fiable que les estimations précédentes basées sur le mouvement des galaxies. Dès les années 1930, Fritz Zwicky avait soupçonné une masse invisible dans les amas ; aujourd'hui, ses contours se lisent dans une lumière silencieuse.
Bien que cette lumière soit émise par des milliards d'étoiles, sa luminosité totale est inférieure à 1 % de celle de la galaxie centrale de l'amas.