On peut façonner un faisceau lumineux pour qu'il ressemble à une fleur à plusieurs pétales. Si l'on fait passer ce faisceau à travers un nuage d'atomes de rubidium refroidis et que l'on active un champ magnétique, les pétales se mettent à tourner. L'angle de rotation est directement lié à l'intensité du champ.
D'habitude, pour mesurer un champ magnétique avec de la lumière, on utilise des polariseurs — des lames spéciales qui ne laissent passer que les ondes dont l'oscillation suit une direction donnée. Ici, ils ne sont pas nécessaires : la rotation des pétales est visible sans eux. Il suffit d'observer de combien le motif s'est déplacé.
Cette approche transforme la mesure de la polarisation de la lumière en une mesure de géométrie — l'angle de rotation de l'image. Cela ouvre la voie à des capteurs de champ magnétique qui visualisent sa distribution dans l'espace, et pas seulement en un point unique.
Le rubidium est un métal mou qui fond déjà à 39 degrés Celsius, à peine au-dessus de la température du corps humain.
Dans la science-fiction, les champs magnétiques sont souvent représentés comme des lignes de force invisibles, mais ici, c'est la lumière elle-même qui les dessine par la rotation de ses pétales.