Quand une nouvelle route est ouverte en ville, les embouteillages peuvent s'aggraver – c'est le paradoxe de la circulation qu'on expliquait autrefois par l'égoïsme des conducteurs. Mais une communauté de fourmis, qui agit comme un mécanisme unique et bien huilé, tombe dans le même piège. Lorsque les éclaireuses trouvent une piste courte vers la nourriture, toute la colonie s'y engouffre comme dans un entonnoir trou noir qui aspire tout le monde, mais à cause de la cohue, la vitesse chute. Le plus étonnant : même coincées dans un bouchon pendant des heures, les fourmis ne passent pas à un chemin un peu plus long mais libre – leur instinct « plus court, donc mieux » est plus fort que le bénéfice réel. Le même optimisme aveugle crée des congestions dans les tuyaux d'eau et les réseaux informatiques. C'est une manifestation de l'entropie – l'augmentation inévitable du désordre même dans les systèmes les mieux réglés. Comprendre cela aide à concevoir des réseaux pour qu'ils ne se coincent pas dans leur propre bouchon de fourmis.
Les fourmis peuvent porter des charges 100 fois plus lourdes qu'elles-mêmes, mais même cette force ne les sauve pas d'un embouteillage collectif.