Un laser, qui d'ordinaire émet un faisceau régulier, se met à trembler près du seuil d'émission, comme une corde qui vibre avant de produire un son. Ces tremblements ne sont pas un défaut, mais du bruit quantique : les atomes à l'intérieur du laser émettent de la lumière de manière aléatoire, sans aucune cause externe. Les ingénieurs ont capté ce bruit grâce à une ligne à retard en fibre optique (la lumière parcourt la fibre, et ses versions précoce et tardive sont comparées) et l'ont transformé en un flux de bits aléatoires — deux milliards par seconde.
Mais le flux brut est légèrement irrégulier : certaines combinaisons de bits apparaissent un peu plus souvent que d'autres. On le fait donc passer par une « presse à hasard » — un algorithme qui mélange les bits et rend leur distribution parfaitement uniforme. Après cela, la vitesse tombe à un milliard de bits par seconde, mais chaque bit passe des tests statistiques rigoureux. Le dispositif fonctionne déjà comme prototype pour des applications réelles : génération de clés de chiffrement, modélisation de processus aléatoires, protection des canaux de communication.
Le bruit quantique d'un laser provient de l'émission spontanée — le même processus qui fait que les lucioles scintillent de manière imprévisible, et non de façon synchrone.
Dans la série « Westworld », des générateurs quantiques de nombres aléatoires sont utilisés pour créer des intrigues imprévisibles chez les androïdes.