La chaleur traverse la matière comme l'eau dans des tuyaux : parfois vite, parfois à peine. Les ingénieurs recherchent des matériaux qui laissent passer très peu de chaleur — comme des tuyaux bouchés. Ces isolants sont essentiels pour économiser l'énergie et pour les dispositifs qui transforment la chaleur en électricité. Le réseau de neurones KappaFormer évalue rapidement la « capacité de passage » d'une structure atomique.
Le secret de KappaFormer réside dans son sens physique. Ludwig Boltzmann a compris que la chaleur dépend du chaos dans le mouvement des particules. Dans un cristal, les atomes vibrent ; les vibrations coordonnées transportent la chaleur, les vibrations chaotiques non. Le réseau distingue ces contributions en analysant l'agencement atomique. Il a été entraîné sur des millions de données de compression et d'étirement de matériaux, puis affiné sur de rares exemples de conductivité thermique. Étonnamment, cela a suffi pour des prédictions ultra-précises — comme un plombier qui repère un bouchon au son du tuyau.
Après avoir testé des milliers de variantes, KappaFormer a trouvé des substances à fuite thermique quasi nulle — des centaines de fois meilleures que le verre à vitre. Leur géométrie atomique emmêle les vibrations thermiques, qui s'atténuent comme un son dans un piano désaccordé. Désormais, le réseau est réorienté vers la recherche d'autres matériaux. La physique intégrée à l'algorithme mène aux matériaux du futur — des boucliers spatiaux aux ordinateurs quantiques.
Parmi les matériaux découverts, certains retiennent la chaleur des centaines de fois mieux qu'un double vitrage — en somme, un thermos quasi éternel.
Dans « Dune », les distilles des héros agissent comme des isolants thermiques parfaits — aujourd'hui, les scientifiques s'approchent de tels matériaux grâce à l'IA.