Sur une piste de danse, la lumière et les mouvements des danseurs ne sont pas liés : les lumières clignotent indépendamment, les gens bougent à leur guise. Dans le monde microscopique, c'est pareil : les électrons et les photons ne se synchronisent presque jamais — c'est l'interdiction de la superradiance. Mais ajoutez un battement rythmique, et la piste s'anime. Les physiciens ont utilisé un champ magnétique pulsé comme rythme. Dans un résonateur contenant une fine couche d'électrons, la spectroscopie a montré que les particules et la lumière commencent à se mouvoir en cadence.
Une phase superradiante apparaît : les photons se condensent dans un même état, les électrons se figent en synchronie. Le désordre chute — l'entropie entre en jeu. En mesurant la luminosité de cette lumière par des méthodes de photométrie, on peut contrôler le système sans pertes. Résultat inattendu : un laser sans miroirs, né uniquement du mouvement synchronisé.
La superradiance a été prédite par Robert Dicke dès 1954, mais jusqu'ici on ne l'observait que dans des systèmes instables. Désormais, la voie est ouverte vers un analogue stable et à l'équilibre.
Si l'on parvient à connecter de tels « dancefloors » quantiques, on pourrait créer un réseau de transmission instantanée de l'information — une ébauche d'internet quantique.