Une transition de phase où les électrons et les photons se synchronisent, formant un état collectif de la matière et du rayonnement.Une transition de phase superradiante est une transition de phase quantique dans laquelle un système d'électrons et de photons se synchronise spontanément, formant un état collectif de la matière et du rayonnement. Dans cet état, les photons acquièrent une occupation macroscopique dans un seul mode, et les électrons alignent leurs dipôles, conduisant à une émission cohérente de rayonnement. Cette transition est un exemple parfait du couplage lumière-matière à son maximum, où le vide quantique lui-même devient instable.
Le concept a été proposé pour la première fois par Robert H. Dicke en 1954 dans le contexte de la superradiance, et la transition de phase a été analysée théoriquement par Hepp et Lieb en 1973. Cependant, le théorème d'impossibilité de Rzazewski et al. en 1975 a montré que la transition ne peut pas se produire dans l'espace libre en raison de la règle de somme de Thomas-Reiche-Kuhn, mais elle peut se produire en électrodynamique quantique en cavité avec un confinement fort.
La transition se produit lorsque la force du couplage entre les électrons et les photons de la cavité dépasse une valeur critique. En dessous de ce seuil, le système est dans une phase normale sans champ photonique macroscopique. Au-dessus, l'état fondamental devient doublement dégénéré, et le système choisit l'une des deux phases possibles, brisant une symétrie discrète. Cela est analogue à un ferromagnétique, mais ici le paramètre d'ordre est l'amplitude du champ photonique, et non l'aimantation.
Elle est étudiée en électrodynamique quantique en circuit et avec des atomes ultrafroids dans des cavités optiques, avec des applications potentielles dans la simulation quantique de la physique à N corps et dans la création de nouvelles sources de lumière quantique.
La transition de phase superradiante est si sensible qu'elle peut être déclenchée par les fluctuations du vide du champ électromagnétique, ce qui signifie que même l'espace vide peut conduire un matériau vers une nouvelle phase.







