Le cœur ne propulse pas le sang en un jet régulier, mais par à-coups. Chaque battement est une onde qui court le long des artères, comme une ondulation sur un tuyau tendu. On a longtemps cru que la vitesse du métabolisme chez les animaux ne dépendait que de la façon dont les vaisseaux se ramifient — un peu comme les tuyaux d'une maison. Mais ces travaux récents renversent cette perspective : l'essentiel n'est pas la forme des tuyaux, mais le pouls lui-même.
Si le corps est grand, l'onde a le temps de s'amortir, et le métabolisme ralentit. S'il est petit, l'onde ne rencontre presque pas d'obstacles, et le métabolisme s'accélère. Le calcul prédit que chez les créatures vraiment minuscules — souris, insectes — la pente de la relation devient plus raide, environ 0.9. C'est précisément ce que les biologistes observent dans leurs mesures.
Le pouls n'est pas seulement un battement dans la poitrine. C'est une mécanique qui détermine la quantité de nourriture dont le corps a besoin, la vitesse à laquelle il grandit et sa durée de vie. Cette mécanique a désormais une équation précise.
Le cœur d'une musaraigne bat jusqu'à 1000 fois par minute, tandis que celui d'un éléphant bat environ 30 fois. La différence de pouls est directement liée à la vitesse à laquelle l'énergie est brûlée.