
Un objet microscopique, artificiel ou biologique, qui se propulse dans un fluide.Un micro-nageur est un objet microscopique, biologique ou artificiel, qui se propulse dans un fluide. On peut citer les bactéries comme Escherichia coli, les spermatozoïdes et les particules synthétiques conçues pour l'administration ciblée de médicaments. À l'échelle microscopique, la physique de la nage est contre-intuitive : l'inertie est négligeable et les forces visqueuses dominent, si bien que le mouvement est régi par les équations de Stokes. Cela signifie qu'un micro-nageur ne peut pas simplement « pousser » le fluide comme le ferait un nageur macroscopique ; il doit utiliser des mouvements non réciproques, comme la rotation d'un flagelle ou le battement d'une queue flexible, pour briser la symétrie temporelle et générer un déplacement net.
L'étude de la nage microscopique a commencé avec les travaux de Geoffrey Taylor et James Lighthill dans les années 1950, qui ont développé la théorie mathématique de la propulsion flagellaire. Le terme « micro-nageur » s'est popularisé dans les années 2000 avec l'essor de la matière active synthétique.
Les micro-nageurs exploitent le fait qu'à faible nombre de Reynolds, l'écoulement est réversible. Pour se déplacer, ils effectuent un cycle de changements de forme qui n'est pas symétrique dans le temps. Par exemple, une bactérie fait tourner un flagelle hélicoïdal, qui agit comme un tire-bouchon et génère une poussée. Les micro-nageurs synthétiques utilisent souvent l'autophorèse : ils créent un gradient local (de température ou de concentration chimique, par exemple) à leur surface, ce qui induit un écoulement de glissement qui les propulse. La direction et la vitesse dépendent de la forme de la particule, de ses propriétés de surface et du fluide environnant.
Les micro-nageurs sont développés pour l'administration ciblée de médicaments, où ils peuvent naviguer dans la circulation sanguine pour libérer un traitement à un endroit précis. Ils sont également utilisés dans les dispositifs microfluidiques pour mélanger et trier des particules.
Certains micro-nageurs, comme la bactérie Caulobacter crescentus, peuvent nager en marche arrière en inversant le sens de rotation de leur flagelle, une astuce impossible pour de nombreux designs synthétiques.






















