Un supraconducteur est un matériau dans lequel le courant circule sans perte, comme l'eau dans un tuyau parfaitement lisse. Mais pour que le tuyau devienne parfait, il faut le refroidir à une température très basse. Les physiciens cherchent depuis longtemps des moyens de fabriquer un tel tuyau à des températures plus clémentes, et l'un des indices est le point critique quantique.
Dans cette étude, les auteurs ont pris trois matériaux très différents : du nitrure de niobium désordonné, de l'aluminium granulaire et un composé de cérium, de cobalt et d'indium. Les trois ont été refroidis à une température inférieure à moins 270 degrés Celsius, puis éclairés par de la lumière, en mesurant comment le matériau absorbe et réfléchit cette lumière. Il s'est avéré que pour les trois matériaux, la supraconductivité apparaît précisément lorsque le matériau se trouve à proximité du point critique quantique.
C'est comme si trois orchestres différents commençaient à jouer la même mélodie lorsque le chef d'orchestre se place à un endroit précis de la scène. Les orchestres sont différents, les instruments sont différents, mais la musique est la même. Ici, c'est pareil : des matériaux différents, des structures différentes, mais la même tendance.
Ce travail n'est pas seulement important en soi. Il montre que le point critique quantique n'est pas un simple détail curieux, mais un véritable carrefour où naît la supraconductivité. Si l'on apprend à contrôler ce carrefour, on pourra créer des matériaux qui conduisent le courant sans perte à des températures plus élevées, ce qui transformera à la fois l'énergie, les transports et la technologie médicale.
Les supraconducteurs sont déjà utilisés dans les appareils d'IRM : le champ magnétique y est créé par une bobine de fil supraconducteur qui ne chauffe pas et ne perd pas d'énergie.