Un orchestre dont les musiciens jouent dans des villes différentes, et dont le chef les entend avec un décalage d'une fraction de seconde. C'est à peu près ainsi que fonctionnent les réseaux de radiotélescopes comme le Very Long Baseline Array — une dizaine d'antennes, d'Hawaï aux îles Vierges, captent le murmure de galaxies lointaines. Pour assembler une image unique à partir d'enregistrements épars, il faut synchroniser parfaitement les signaux — tenir compte de l'humidité de l'air, du frémissement de l'atmosphère, des horloges déréglées. Pendant des décennies, ce réglage a été fait par des humains, qui y passaient des heures pour chaque objet. Pour le projet SMILE, qui exige de traiter environ 5000 sources, une telle approche est devenue un goulot d'étranglement.
Le nouvel outil AVICA endosse le rôle d'un ingénieur du son patient. Il ouvre les fichiers d'archive, enregistrés dans différents formats depuis 30 ans, et cherche lui-même la note de référence — un point brillant dans le ciel sur lequel aligner toutes les antennes. L'algorithme, tel un accordeur de piano, capte les battements des signaux (franges d'interférence) et choisit la note la plus pure. Ensuite, le programme applique automatiquement une chaîne de corrections, transformant les données brutes en image finale. Tout le processus pour un objet prend environ 30 minutes sur un serveur ordinaire.
En coulisses, le système ALFRD dirige le travail : il lance les tâches, surveille la progression et consigne les résultats en temps réel. Cette approche a permis pour la première fois de passer au crible entièrement automatiquement une gigantesque archive de données d'interférométrie radio à très longue base, sans recourir au réglage manuel. À l'avenir, la capacité d'AVICA à choisir seule les signaux de référence sera intégrée au logiciel public rPICARD, et n'importe quel radiotélescope pourra travailler en aveugle, sans humain aux commandes. L'orchestre a enfin appris à jouer en harmonie tout seul.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2604.17448
Calibrating large volumes of Very Long Baseline Interferometry (VLBI) data traditionally requires significant human intervention at every stage. While the Common Astronomy Software Applications (CASA) package is the standard data reduction tool across major radio observatories, no existing CASA-based pipeline operates in a fully automated manner across the heterogeneous data formats produced by the Very Long Baseline Array (VLBA) over three decades of operations. The Search for Milli-Lenses (SMILE) project, requiring the calibration of ~5000 VLBA sources, makes such blind automation a practical necessity. We introduce the Automated VLBI pipeline in CASA (AVICA), which automates the calibration of archival VLBA data. AVICA extends the CASA-based rPICARD framework by automating preprocessing of FITS-IDI and Measurement Set data formats, calibrator and reference antenna selection via FFT-based fringe detection, and execution of the full calibration workflow. Progress tracking is handled by ALFRD (Automated Logical Framework for executing Dynamic scripts), which orchestrates pipeline execution and records results in real time. AVICA was validated on 1000 NRAO archival sources spanning 1995-2023, covering 1372 band-separated observations across the S, C, X, U, and K bands. Calibrated output was produced for 978 sources (97.8%), with 22 failures due to corrupted or incomplete data. Mean per-source execution time was ~30 minutes using MPI parallelization with up to 20 cores. AVICA demonstrates that fully blind calibration of heterogeneous archival VLBA data is achievable with CASA. The automated calibrator and reference antenna selection will be incorporated into a future rPICARD release, extending blind calibration to any supported array. AVICA and ALFRD are available as open-source Python packages.
Le réseau VLBA est si sensible qu'il peut détecter un déplacement du continent de quelques centimètres — les scientifiques l'utilisent pour mesurer le mouvement des plaques tectoniques.
Dans le roman « Contact » de Carl Sagan, le signal d'une civilisation extraterrestre est capté pour la première fois par un réseau de radiotélescopes semblable au VLBA.