Si l'on ne remue pas un cocktail en couches, le sirop lourd descend. Une jeune planète est un océan bouillonnant de roche en fusion. En refroidissant, des minéraux s'y cristallisent : certains, comme le fer, deviennent plus lourds et coulent, d'autres flottent. On pourrait penser qu'une couche dense s'accumule près du noyau.
Mais par le bas, depuis les entrailles en train de se solidifier, montent des magmas : des gouttelettes légères, comme l'huile dans l'eau, remontent et mélangent l'océan. Plus la planète est grande et plus le 'brassage' est chaud, plus il est difficile pour le fer de se déposer.
L'océan martien était plus peu profond, le mouvement thermique plus faible, et le fer a tranquillement coulé vers le fond. Cette couche a récemment été détectée grâce aux échos des séismes martiens — elle agit comme une éponge, amortissant les ondes de vibration.
Cette découverte explique la structure de nombreuses exoplanètes rocheuses. En somme, nous avons lu la recette selon laquelle la nature prépare les intérieurs des mondes : certains sont mélangés, d'autres se laissent stratifier.
Si les entrailles de la Terre étaient aussi calmes que celles de Mars, nous aurions également une couche dense cachée — et cela aurait complètement changé l'apparence de la planète : les continents se seraient déplacés différemment, les volcans auraient érupté autrement.