Une barre métallique chauffée devient soudainement rigide et perd ou gagne des propriétés magnétiques. Dans les alliages à base de nickel et de manganèse, ces transformations ne se produisent pas progressivement mais par sauts : les atomes se réorganisent dans un nouvel ordre et le matériau change de comportement. Dans cette étude, quatre compositions très proches de Ni-Mn-Cu-Ga ont été examinées, où la proportion de cuivre ne variait que de quelques fractions de pour cent. Cela a suffi pour obtenir trois scénarios différents : dans un cas, le magnétisme disparaissait d'abord puis le réseau changeait ; dans un autre, l'inverse ; et dans le troisième, les deux événements se produisaient simultanément.
L'astuce principale est une nouvelle analyse thermodynamique. Habituellement, la température de transition magnétique (point de Curie) et la température de réorganisation du réseau sont mesurées séparément, mais ici elles s'influencent mutuellement. Les auteurs ont pris en compte la manière dont le changement de structure cristalline modifie la force d'interaction entre les spins des électrons — ce paramètre d'échange qui détermine si un matériau est magnétique. Il s'avère que pour un même alliage, le point de Curie dans la phase haute température (austénite) et dans la phase basse température (martensite) diffère de plus de 50 degrés. Un même morceau de métal a deux « caractères magnétiques » différents selon la façon dont ses atomes sont arrangés.
L'utilité pratique de la méthode est qu'elle permet d'extraire les températures de transition cachées à partir de mesures standard de l'aimantation. Auparavant, cela nécessitait des expériences complexes ; désormais, il suffit de suivre l'évolution de la réponse magnétique lors du chauffage et d'appliquer le nouveau calcul. C'est important pour le réglage fin des alliages ferromagnétiques à mémoire de forme — des matériaux qui peuvent se plier et revenir à leur forme initiale sous l'effet d'un champ magnétique. Ils sont utilisés dans les micro-actionneurs, les capteurs et même les instruments médicaux, où des mouvements silencieux sans moteur sont nécessaires.
tel que rédigé par les auteurs, en anglais arXiv:2605.08920
Ferromagnetic solids acquire nontrivial magnetic and caloric properties when the temperature of the structural phase transition approaches the Curie point. Deciphering magneto-structural transitions, i.e. determining their characteristic temperatures and elucidating the related properties, remains challenging. In the present paper, three types of transformational behaviour of Ni50Mn25-xCuxGa25 (x = 6.25, 6.5, 6.75, 7) and Ni50.5Mn18.5Cu6.5Ga24.5 alloys have been identified, arising from small variations in chemical composition: (i) structural martensitic transformation (MT) in the ferromagnetic phase; (ii) magneto-structural phase transition from paramagnetic austenite to ferromagnetic martensite; (iii) MT in paramagnetic phase. The temperature-dependent values of magnetization, M(T), and of magnetic susceptibility, $$\chi(T)$$, were measured for each alloy. A novel thermodynamic analysis was used to determine the Curie points and MT temperatures. The novelty lies in considering the interplay between structural and magnetic characteristics of the alloys through the impact of the structural transition on the spin-exchange parameter. The theoretical analysis of experimental data revealed that this impact results in a large difference ($$\geq$$ 50 K) between the Curie temperatures computed for the austenitic and martensitic states of each alloy. The characteristic temperatures, corresponding to the extrema of the dM(T)/dT and $$\chi(T)$$ functions, were calculated. The correlation of these temperatures with the Curie temperatures and the MT temperatures is not straightforward and depends strongly on the type of transformational behaviour (i) - (iii). The proposed approach provides a robust framework for extracting unmeasurable characteristic temperatures from standard magnetization data, applicable to ferromagnetic Heusler systems and other multiferroic ferromagnetic materials.
Les alliages Ni-Mn-Ga peuvent s'allonger de 10% sous l'effet d'un champ magnétique — c'est une déformation géante pour un solide, comparable à l'étirement d'un élastique, mais ils restent aussi résistants que l'acier.