L'univers n'est pas un bloc monolithique, mais une toile tissée d'innombrables fils quantiques. L'espace-temps ne s'écoule pas comme l'eau, il vibre comme une tapisserie secouée par le vent. Longtemps, les physiciens n'ont vu que le motif d'ensemble, négligeant le frémissement des fils individuels. Mais si l'on tend l'oreille, ce frémissement se fond en une sorte de son — non pas audible, mais comparable à une onde sur une corde tendue. C'est précisément cela qu'ils ont décrit dans leur nouvelle étude : le frémissement coordonné des fils quantiques de l'univers. Cela évoque les ondes gravitationnelles, mais à une échelle microscopique. Curieusement, cette ondulation modifie légèrement le rythme auquel l'univers est en expansion. John Wheeler l'avait prédit, et aujourd'hui les idées développées par Carlo Rovelli se dotent d'un appareil mathématique précis. Un jour, ce tintement subtil sera capté par les télescopes — et nous entendrons la voix quantique du cosmos.
Dans un superfluide, le son ne s'éteint pas : il devient un écho infini.
L'idée de « briques » quantiques de la réalité est exploitée dans le roman de science-fiction de Greg Egan, « La Cité des permutants », où l'univers est un automate cellulaire géant.