L'idée que l'espace-temps n'est pas fondamental, mais découle des propriétés quantiques des degrés de liberté sous-jacents.L'émergence de l'espace-temps est la proposition selon laquelle le continuum lisse et quadridimensionnel de l'espace et du temps n'est pas une entité fondamentale, mais plutôt une description approximative et macroscopique qui découle du comportement collectif de degrés de liberté plus fondamentaux, non spatio-temporels. Cette idée est centrale dans plusieurs approches de la gravité quantique, telles que la gravité quantique à boucles, la théorie des ensembles causaux et les principes holographiques. Elle explique pourquoi l'espace-temps semble continu et classique aux échelles quotidiennes, alors qu'à l'échelle de Planck (environ 10^-35 mètres), il pourrait être discret, fluctuant, voire inexistant.
Dans les modèles d'espace-temps émergent, les degrés de liberté sous-jacents—souvent décrits comme des bits quantiques, des réseaux ou des événements discrets—interagissent selon des règles qui ne présupposent ni espace ni temps. Par un processus analogue aux transitions de phase en physique de la matière condensée, ces interactions s'organisent en une structure cohérente qui, à basse énergie, se comporte comme une variété lisse. La géométrie de l'espace-temps, y compris sa courbure et sa structure causale, est alors une propriété effective, tout comme la fluidité de l'eau émerge du mouvement des molécules.
Ce concept oriente la recherche théorique en gravité quantique, notamment pour comprendre l'entropie des trous noirs et le principe holographique, et pourrait éventuellement éclairer des expériences sondant la physique à l'échelle de Planck.
Si l'espace-temps est émergent, alors la vitesse de la lumière pourrait ne pas être une constante fondamentale, mais une propriété qui émerge de la structure quantique sous-jacente, pouvant varier à des énergies extrêmement élevées.














