La ville respire et se nourrit ; son système sanguin, ce sont les routes. Mais pendant que les ingénieurs tracent des lignes droites, la nature peaufine depuis des millions d'années le réseau idéal : les rivières trouvent infailliblement leur chemin vers la mer, la feuille est parcourue de nervures sans un seul vaisseau superflu. La nouvelle étude propose d'apprendre directement de l'évolution.
Au lieu de schémas rigides, des règles de croissance simples. Il suffit de définir où se trouvent les points « nourriciers », et l'élément eau ou l'organisme vivant trace tout seul l'itinéraire optimal. Ainsi, le champignon myxomycète, dépourvu de cerveau, reproduit en quelques heures le plan du métro de Tokyo – plus vite que des supercalculateurs.
Pour nous, le résultat, ce sont des routes qui coûtent moins cher, tombent moins souvent en panne et s'adaptent aux vagues de voitures. Ce n'est pas de la magie, mais une lutte contre l'entropie, c'est-à-dire la tendance éternelle au désordre. La nature joue selon ces règles à toutes les échelles : des nervures de la feuille aux motifs galactiques dans le ciel nocturne.
Ce même myxomycète a construit une copie du métro de Tokyo plus vite et plus efficacement qu'une équipe d'ingénieurs – simplement en rampant vers des flocons d'avoine disposés sur la carte.