Le processus naturel par lequel la vie naît de la matière non vivante, comme des mélanges chimiques simples.L'abiogenèse est le processus naturel par lequel la vie émerge de la matière non vivante, comblant le fossé entre la chimie et la biologie. Elle cherche à expliquer comment de simples molécules organiques, dans les bonnes conditions, pourraient s'auto-organiser en premières cellules autoréplicatives et métabolisantes. Ce concept est central pour comprendre l'origine de la vie sur Terre et le potentiel de vie ailleurs dans l'univers, car il présente la vie non pas comme un événement miraculeux, mais comme un résultat probable des lois physiques et chimiques.
Le terme a été inventé par Alexandre Oparine dans les années 1920, et indépendamment par J.B.S. Haldane, qui a proposé une « soupe primitive » où la vie serait née de réactions chimiques. La célèbre expérience de Miller-Urey en 1953 a démontré que des acides aminés pouvaient se former dans des conditions simulant la Terre primitive, apportant un soutien expérimental à cette idée.
Le mécanisme n'est pas entièrement connu, mais on pense qu'il se déroule par étapes : la formation de monomères organiques (comme les acides aminés et les nucléotides) à partir de précurseurs plus simples, leur polymérisation en molécules plus grandes (protéines et acides nucléiques), puis l'assemblage de celles-ci en protocellules dotées de membranes capables de maintenir une chimie interne. Des sources d'énergie comme la foudre, les rayons ultraviolets ou les sources hydrothermales ont probablement favorisé ces réactions. L'étape clé est l'émergence de l'autoréplication et de la sélection naturelle, où les molécules qui se copient mieux deviennent plus courantes, menant finalement à la vie cellulaire.
La recherche sur l'abiogenèse éclaire l'astrobiologie, guidant la recherche d'exoplanètes habitables et de biosignatures, et inspire également les efforts de biologie synthétique pour créer des cellules artificielles minimales à partir de composants non vivants.
Certaines expériences ont montré que des molécules d'ARN peuvent catalyser leur propre réplication sans enzymes, soutenant l'hypothèse du « monde à ARN » comme étape plausible de l'abiogenèse.














