Les astronomes dressent des cartes de galaxies et écoutent le murmure radio de l'hydrogène neutre. Le signal est si faible qu'un téléviseur en marche pourrait le noyer, mais des antennes sensibles le captent depuis les profondeurs de l'Univers. Pour comprendre combien de matière noire il contient et à quelle vitesse il s'étend — un processus dicté par l'expansion de l'univers —, les scientifiques se sont tournés vers les simulations informatiques.
La méthode s'apparente au travail d'un cuisinier qui, en testant différentes combinaisons d'ingrédients, reconstitue une recette inconnue. On lance des milliers d'univers virtuels avec différentes quantités de matière noire et d'autres paramètres, jusqu'à ce que l'un d'eux produise une carte impossible à distinguer de la réalité.
En appliquant cette approche simultanément aux cartes de galaxies et d'hydrogène, la précision a été multipliée par 2 à 7. Les cartes tridimensionnelles ajoutent encore un gain d'un facteur trois. Cela permettra de scruter l'Univers primordial et de vérifier si la matière noire ne réserve pas de nouvelles surprises.
Le signal de l'hydrogène neutre arrive sur une onde de 21 centimètres. Il est si faible qu'un téléviseur en marche pourrait le couvrir, mais les astronomes le captent grâce à des antennes sensibles.
Dans la trilogie culte « Matrix », la réalité s'avère être une simulation informatique. Dans ces travaux, les scientifiques utilisent au contraire des simulations pour sonder la véritable nature de notre monde.