Une naine blanche est une étoile refroidie, de la taille de la Terre mais comprimée à une densité d'une tonne par centimètre cube. C'est en somme un baril de poudre cosmique : la température et la pression au cœur sont énormes, mais n'atteignent pas le seuil d'explosion. Il suffit qu'un minuscule trou noir — un rescapé de l'époque du Big Bang — la transperce de part en part pour que la compression gravitationnelle déclenche une réaction en chaîne. Une supernova de type Ia s'embrase. Le trou noir, lui, reste intact, telle une balle qui aurait traversé de la poudre.
Ces trous noirs, prédits par Stephen Hawking, pourraient bien être cette fameuse matière noire qui tisse l'armature invisible des galaxies. En enflammant les naines blanches, ils enrichissent le cosmos en carbone et en oxygène. Mais la vraie surprise est ailleurs : les supernovae de type Ia servent de « balises standard » pour mesurer la vitesse de l'expansion de l'univers. Si certaines d'entre elles s'allument non pas parce que l'étoile déborde (limite de Subrahmanyan Chandrasekhar), mais sous l'impact d'un trou noir, leur empreinte spectroscopique change. Cela brouille les cartes de l'énergie noire — et impose de revoir les calculs qui ont valu le prix Nobel à Adam Riess.
Un micro-trou noir qui enflamme une naine blanche reste indemne et prêt à faire exploser une autre étoile — comme une allumette réutilisable.