Les supraconducteurs conduisent le courant sans perte, mais exigent généralement un froid extrême. Hg1223 — un mélange de mercure, de baryum, de calcium, de cuivre et d'oxygène — fait exception : il cesse de résister au courant dès −139 °C. Le secret ? La forte répulsion électrique entre électrons les pousse à s'apparier. C'est comme un métro bondé : chacun tente de garder ses distances, mais dans la cohue, les gens s'agrippent les uns aux autres pour ne pas tomber — de même, les électrons forment des paires stables.
La pression aide : les électrons sautent plus souvent entre les atomes, la répulsion s'affaiblit, et la température de travail monte à −113 °C. Le magnétisme, d'ordinaire ennemi de la supraconductivité, ne nuit pas ici ; il renforce même les paires. Cette découverte nous rapproche du rêve : des supraconducteurs à température ambiante, ce qui bouleverserait le secteur de l'énergie.
Une bobine supraconductrice peut transporter du courant pendant des années sans source externe : une fois lancé, le courant y circule presque éternellement.