STRATA fonctionne comme un peintre qui apprend à peindre le ciel. Au lieu d'un chevalet, un serveur ; au lieu d'esquisses, de courtes vidéos de nuages et de tempêtes venues des quatre coins de la Terre. Le programme absorbe ces images, puis crée une vision d'ensemble de l'atmosphère sur toute la planète, à vingt-quatre heures d'avance.
Contrairement aux anciennes simulations numériques — ces calculs lourds où la machine, tel un comptable méticuleux, épluchait température, vent et humidité en chaque point — STRATA voit le motif général. Elle saisit les régularités directement à partir des données, et cela demande 50 fois moins d'énergie.
Le secret ? Le programme divise la voûte céleste en carrés, des « touches de pinceau », et en assemble une mosaïque en ne tenant compte que de deux forces clés : la chaleur solaire et la gravité terrestre. Même l'entropie — le chaos météorologique — n'est pas un obstacle, mais un rythme que l'on peut apprendre. Étonnamment, il lui a suffi de 17 jours d'observations pour maîtriser les nuages planétaires. Résultat : au lieu d'une centrale électrique, un simple ordinateur suffit, et les émissions de dioxyde de carbone chutent. Les climatologues disposent d'un outil rapide pour des prévisions précises des averses et des ouragans.
STRATA n'a eu besoin que de 17 jours de données météo — moins qu'un congé — pour apprendre à prédire les nuages sur toute la planète, un jour à l'avance.
Ce modèle, c'est un peu comme un pas vers la machine prédictive de la science-fiction d'Isaac Asimov. Mais aujourd'hui, ce n'est plus de la fiction : c'est un outil de travail pour les climatologues.