La frontière d'un trou noir, c'est comme le bord d'une chute d'eau : une fois franchie, point de retour. Mais contrairement à la chute, cette frontière peut être très fragile : une simple pichenette suffit à la faire disparaître.
Les physiciens ont découvert que la stabilité de l'horizon est dictée par un « flux de lumière » imaginaire venu du passé. Des jets invisibles traversent la courbure de l'espace-temps. Si, sur une coquille sphérique, ils convergent comme l'eau dans un entonnoir, l'horizon est indestructible. S'ils divergent, la surface éclate comme une bulle de savon. Coïncidence étonnante : l'effondrement d'un film de savon obéit à la même règle de convergence — la nature est universelle.
Cette découverte simplifiera l'analyse des ondes gravitationnelles émises par la fusion de trous noirs. Désormais, en observant les frémissements de l'espace, les scientifiques pourront calculer plus précisément comment un trou noir nouveau-né se calme.
Lors de la collision de deux trous noirs, leurs horizons sonnent comme une cloche, et ce frémissement engendre des ondes gravitationnelles — des ondulations de l'espace-temps.
Comme dans le film « Interstellar », un horizon stable permet de s'approcher sans danger d'un trou noir — et les lois de la physique le permettent.