Les étoiles et les galaxies se déplacent comme si une armature invisible les retenait. Cette masse cachée — la matière noire — pourrait être constituée d'axions, prédits en 1977 par Helen Quinn et Frank Wilczek. Les axions sont presque insaisissables : ils traversent la Terre sans même remarquer les atomes.
Des physiciens ont enroulé un faisceau laser en une sorte de tourbillon — un anneau lumineux avec un centre sombre. Au cœur de cet entonnoir, ils ont mesuré la quantité de particules de lumière (photons) à l'aide de techniques d'optique quantique et d'interférométrie de haute précision. Près de 5 % de la lumière disparaissait, comme si quelqu'un éteignait une ampoule, puis la lumière revenait l'instant d'après. La seule explication : les photons se transformaient temporairement en axions — une possibilité permise par le modèle standard de la physique des particules.
L'expérience ne nécessite pas d'aimants géants — un laser de table a suffi. Elle pointe vers une solution à l'énigme de la matière noire et suggère d'où vient l'asymétrie dans les forces nucléaires. La grande surprise : les axions sont des billions de fois plus légers que l'électron, mais ils ont emporté 5 % de l'énergie du faisceau — comme si une pincée de sel, pourtant sans poids, retirait d'une tasse le cinquième de son thé.
Les axions sont si légers que leur masse pourrait être des milliards de milliards de fois plus petite que celle de l'électron, mais ils sont capables de transporter une fraction notable de l'énergie.
L'idée de particules invisibles transportant de l'énergie à travers le vide fait écho au roman « Solaris » de Stanislas Lem, où un océan manipulait des neutrinos.