
L'antiproton est la contrepartie en antimatière du proton, avec la même masse mais une charge négative.L'antiproton est la contrepartie en antimatière du proton : il possède la même masse et le même spin, mais porte une charge électrique négative. Lorsqu'un antiproton rencontre un proton, ils s'annihilent, convertissant toute leur masse en énergie sous forme d'autres particules, généralement des pions. Cela fait des antiprotons un acteur clé dans la compréhension de l'asymétrie fondamentale entre la matière et l'antimatière dans l'univers — pourquoi nous observons un univers composé presque entièrement de matière, alors que le Big Bang aurait dû produire des quantités égales des deux.
L'antiproton a été prédit par Paul Dirac en 1933 comme conséquence de son équation relativiste de l'électron, qui impliquait l'existence d'électrons chargés positivement (positrons) et, par extension, d'antiprotons. Il a été observé expérimentalement pour la première fois en 1955 par Owen Chamberlain, Emilio Segrè et leurs collègues à l'Université de Californie à Berkeley, en utilisant l'accélérateur de particules Bevatron.
Les antiprotons sont produits lors de collisions à haute énergie, comme celles du Décélérateur d'antiprotons du CERN, où des protons sont projetés sur une cible métallique. Les antiprotons résultants sont ralentis et peuvent être piégés à l'aide de champs électriques et magnétiques. Leurs propriétés sont étudiées en les comparant directement avec les protons, par exemple en mesurant leur masse et leur charge avec une extrême précision. Dans des expériences comme ALPHA, les antiprotons sont combinés avec des positrons pour former des atomes d'antihydrogène, permettant de tester si l'antimatière se comporte de manière identique à la matière sous l'effet de la gravité et en spectroscopie.
Les antiprotons sont utilisés dans la recherche en physique des particules pour tester les symétries fondamentales, et sont également explorés pour des applications médicales potentielles, comme la thérapie par antiprotons pour le traitement du cancer, où leur annihilation pourrait déposer de l'énergie de manière plus précise que la protonthérapie conventionnelle.
Lorsqu'un antiproton et un proton s'annihilent, l'énergie libérée est d'environ 1,9 gigaelectronvolts, ce qui correspond à peu près à l'énergie de masse de deux protons, et cette énergie apparaît sous forme d'une gerbe de pions qui peut être détectée.


















