Le réseau électrique est une galaxie où les générateurs massifs, telles des étoiles, imposent le rythme par leur rotation synchrone. Avec l'arrivée des énergies vertes, des « planètes » apparaissent : les convertisseurs de puissance. Certaines orbitent docilement, d'autres tentent de devenir des centres d'attraction. Avec l'expansion du parc de ces planètes leaders, la danse menace de sombrer dans le chaos.
Les chercheurs ont constaté que la stabilité du réseau diminue si la puissance des convertisseurs augmente sans renforcer le réseau lui-même. Surprise : les convertisseurs leaders (grid-forming) déstabilisent le système plus rapidement que les suiveurs lorsque le réseau est faible. La raison ? La collision entre leurs algorithmes de contrôle et l'inertie physique des générateurs. Cette inertie, tel un volant d'horloge, lisse les fluctuations. Sans elle, même un infime incident provoque une instabilité et une cascade de délestages.
Pour une transition verte fiable, il ne suffit pas d'ajouter des sources : il faut aussi rendre le réseau plus rigide. Sinon, les « planètes » perturberont le rythme commun, comme des corps célestes aux orbites déséquilibrées.
Les générateurs traditionnels possèdent une inertie physique due à leurs masses tournantes — comme le volant d'une horloge ancienne — qui aide à lisser les fluctuations.
Dans le roman « Blindsight » de Peter Watts, le réseau électrique du futur est géré par un essaim d'agents autonomes, en équilibre précaire au bord du chaos.